Vous avez préparé votre intervention. Votre contenu est pertinent. Vos slides sont prêtes. Vous connaissez votre sujet sur le bout des doigts. Pourtant, au bout de quelques minutes, vous sentez que quelque chose change dans la salle.

Les regards se dispersent. Certains consultent leur téléphone. Les participants deviennent moins réactifs. Vous continuez à parler, mais vous avez l’impression de perdre progressivement votre audience. Une situation particulièrement frustrante, non ?

Heureusement, avec quelques petits ajustements, il est plutôt simple et accessible à tous d’entretenir cette attention pour délivrer votre message de manière efficace et sereine. Voici quelques conseils concrets.


1. Ne commencez pas par vous présenter

C’est une erreur fréquente. L’orateur monte sur scène et débute son dicsours avec un :

« Bonjour à tous. Je suis Prénom NOM, consultant depuis 15 ans et aujourd’hui je vais vous parler de… »

Mais est-ce vraiment impactant pour des personnes qui ne vous connaissent pas de savoir que vous vous appelez X ou Y ? Non, ça ne leur parlera pas. Avec un prénom et un Nom, vous ne leur donnez pas de raison valable et attrayante de vous écouter avec attention. Ils ne retiendront d’ailleurs certaines pas ce nom cité rapidement en introduction.

La bonne idée sera plutôt que commencer par une problématique qui touche le public à qui vous souhaitez vous adresser. Par exemple :

« Combien de fois êtes-vous sorti d’une réunion en vous disant : nous avons passé une heure à parler et nous n’avons toujours pas pris de décision ? »

Là vous créez une connexion immédiate avec les personnes qui se reconnaîtront dans la situation, et l’attention est captée.

Une bonne introduction peut avoir des natures variées : une question par exemple, à laquelle on attend une réponse ou non d’ailleurs, un chiffre marquant qui parle à votre public, une actualité, l’histoire d’un client que vous avez accompagné ou qui a adopté votre produit, etc. Autant d’idées qui pourront vous permettre de donner à votre audience une raison d’écouter la suite de ce que vous avez à dire.

2. Recentrez toujours votre discours sur la problématique du public que vous visez

Une conférence intéressante pour l’orateur n’est malheureusement pas forcément toujours synonyme d’intérêt pour son public. Vous pouvez être passionné par votre sujet mais avoir en face de vous une audience qui se demande : « pourquoi il parle de ça, qu’est-ce que cela va m’apporter ? »

Prenez-donc le bon réflexe de toujours vous demander, au moment de préparer votre intervention, puis de la présenter, si ce que vous dîtes aura bien un intérêt pour votre public.

Par exemple, au lieu de dire : « je vais vous présenter les différentes étapes de la communication non-verbale », annoncez plutôt : « À la fin de cette intervention, vous saurez identifier 3 comportements qui donnent involontairement une impression de manque d’assurance. »

La deuxième formulation crée une attente. Le public sait ce qu’il va gagner. Il aura envie de savoir et va donc vous écouter avec attention.

3. Faites varier votre rythme

Un orateur qui parle exactement de la même façon pendant 45 minutes finit par produire un effet monotone, même si son contenu est excellent. Votre voix doit évoluer. Elle doit faire vivre vos mots avec vous. Tantôt en donnant de l’émotion, en accélérant par exemple sur une anecdote. Tantôt en ménageant du suspens si vous ralentissez un moment votre débit.

Vous pouvez aussi vous aider d’une question pour changer le rythme de votre prise de parole. Faire intervenir le public sur la dernière idée clé développée, etc.

Et bien sûr, sans oublier l’utilisation de ce formidable outil qu’est le silence ! Un silence assumé de 2 ou 3 secondes offre un changement de rythme hyper impactant pour le public. Cette pause souvent inattendue permet de réactiver une attention parfois fatiguée, de donner du poids à la dernière idée énoncée, et laisse à votre public le temps de mémoriser efficacement les infos données. Par exemple : « Et c’est là que se trouve le véritable problème. » Silence de 2 ou 3 secondes puis : « Nous préparons nos présentations pour nous. Pas pour notre audience. » La pause donne ici beaucoup de poids à cette affirmation.

4. Prenez l’habitude de raconter plutôt que de simplement donner de l’information

Les informations théoriques permettent de comprendre. Les histoires elles, permettent de créer l’émotion indispensable pour donner de l’impact à vos prises de parole.

Imaginez un formateur qui explique la gestion du stress. Il peut donner 5 conseils en les énumérant, l’un après l’autre, de façon structurée. Mais il pourrait aussi commencer par : « Il y a quelques années, j’ai accompagné un dirigeant qui devait présenter son entreprise devant 200 personnes. Il connaissait parfaitement son sujet. Pourtant, cinq minutes avant de monter sur scène, il envisageait sérieusement de ne pas y aller ».

On a envie de savoir la suite non ? 😅

L’histoire crée la curiosité et capte l’attention grâce aux émotions qu’elle procure. Pas besoin d’avoir vécu quelque chose d’extraordinaire.  Une situation professionnelle banale peut devenir un excellent exemple si elle illustre précisément votre message.

5. Faites participer votre public

Un public qui participe est toujours plus attentif qu’un public qui écoute passivement. Alors, posez-lui des questions en lien avec votre sujet !

Par exemple un conseiller en gestion de patrimoine pourrait demander : « Qui parmi vous pense qu’il paie trop d’impôt ? » Vous pouvez même inviter les présents à lever la main pour encore plus d’interaction.

Si vous avez un temps relativement long pour vous exprimer, profitez-en pour poser une question plus large. Une assistante administrative pourrait dire : « Quelles sont les tâches que vous gérez dans votre quotidien et qui pourtant ne font pas appel à votre véritable expertise métier ? ». Puis faites participer 2 ou 3 personnes en leur demandant leur réponse. Ces retours concrets et vivants dynamiseront fortement vos propos.

L’interaction transforme une audience passive en véritable acteur de votre intervention. Et c’est beaucoup plus intéressant pour vous, comme pour eux.

6. Ne surchargez pas votre présentation

L’équilibre entre ce que vous dites à l’oral et ce que vous mettez sur votre diaporama est un sujet souvent maîtrisé. L’erreur courante étant de vouloir mettre un maximum d’information sur son diaporama. Or, votre diaporama ne doit être là qu’en soutien de votre discours, et ne surtout pas lui voler la vedette.

Lors d’une présentation, si vous projetez une diapo remplie de texte, il n’y a aucune chance que votre public vous écoute. Entre lire ou écouter, le public priorisera toujours inconsciemment la lecture. Votre discours passera donc totalement à côté de son public.

Privilégiez à la place un seul et unique visuel fort qui illustre votre propos, ou un chiffre clé, un schéma simple que vous expliquerez à l’oral. Et n’ayez pas peur de laisser de belles marges et du vide sur vos diapos. Ces espaces sont au contraire une respiration visuelle très efficace permettant à votre public de se focaliser sur l’essentiel de votre message.

Votre diaporama n’est pas votre discours. C’est un support qui doit simplement aider votre public à comprendre et à encore mieux mémoriser les idées ou arguments que vous défendez à l’oral.

Pour aller plus loin sur le sujet des diaporamas > découvrez aussi mon article Canva ou PowerPoint pour créer vos diaporamas et offres commerciales : comment choisir ?

7. Donnez des rendez-vous à votre public tout au long de votre intervention

Si vous êtes sur une prise de parole un peu longue, les minutes peuvent vite sembler des heures pour votre auditoire.

Une autre façon de le garder actif, c’est de lui créer des repères réguliers par votre discours : « dans quelques minutes, je vous parlerai des 3 erreurs qui vous font perdre trop de temps quand vous créez vos visuels ». Autre exemple : « gardez ce point bien en tête. Je viendrai le compléter en fin de présentation avec une information qui va vous faire énormément gagner en productivité ».

Vous créerez ainsi une attente et le public aura une motivation à rester attentif pour obtenir l’information promise. C’est particulièrement efficace lorsque votre intervention contient plusieurs parties.

8. Terminez toujours avec une idée forte et un appel à l’action

Ne sous-estimez pas le pouvoir de la conclusion de votre discours. Je vois encore trop souvent des présentations finir par : « voilà, j’ai terminé. Merci pour votre attention ». Puis rien… Aucun impact, et forcément, rien ne se passera après.

Votre dernière minute doit donner du sens à tout ce que vous avez dit précédemment. Pour conclure efficacement une présentation ou un oral, terminez par un message fort qui ancre l’idée essentielle de votre discours, puis enchaînez avec un appel à l’action qui donnera envie à votre public de passer à l’étape suivante.

Pour faire ressortir ce message clé, vous pouvez par exemple revenir à votre histoire d’introduction pour lui donner une nouvelle portée, résumer votre idée en une phrase percutante ou un slogan, rappeler un chiffre marquant ou illustrer les bénéfices concrets du changement proposé.

Enfin, l’appel à l’action doit être adapté à votre objectif final. Vous pouvez par exemple lancer un défi au public, proposer une action pour garder le contact ou prendre rendez-vous avec vous, ou poser une dernière question qui pousse à la réflexion, comme : « et vous, comment allez-vous mettre ce changement en place dès demain ? ». L’objectif : laisser une impression durable et donner au public une raison concrète d’agir.



En conclusion : l’attention çà se travaille ! Capter et maintenir l’attention de son public ne repose pas sur un talent inné, mais sur des techniques qui se travaillent et s’affinent avec la pratique. Pour progresser avant votre prochaine prise de parole, choisissez un passage de votre intervention à travailler et demandez-vous : « à cet instant, qu’est-ce qui donne envie à mon public de continuer à m’écouter ? » Entraînez-vous à intégrer une question, un exemple concret ou une anecdote qui fera écho à votre auditoire. Puis le jour J, observez les réactions : c’est en expérimentant que vous trouverez ce qui fonctionne le mieux pour vous.


Pour aller plus loin :

Vous souhaitez faire de vos prises de parole de véritables moments d’échange avec votre public mais vous trouvez difficile d’évaluer vos progrès seul.e ? Avez-vous déjà pensé à vous faire accompagner par un professionnel ?

Grâce à des exercices pratiques, des mises en situation et des conseils personnalisés, vous progresserez à votre rythme et gagnerez en confiance dans un style de communication qui vous ressemble. Alors, prêt.e à révéler tout votre potentiel et à prendre la parole avec plus de plaisir et d’impact ?

Je peux vous accompagner sur ce chemin. On en discute ensemble ?








Comment captiver et garder l’attention du début à la fin de sa présentation, conférence ou d’un oral ?