Vous devez prendre la parole devant un public. Que ce soit sur un nouveau sujet ou même sur un domaine que vous maîtrisez parfaitement, il arrive souvent qu’à quelques minutes de commencer, on ressente des sensations dont on se passerait bien : le cœur et le souffle qui s’accélèrent, les mains moites, les jambes qui lâchent, la sensation de devenir tout rouge…

C’est ici la peur d’être jugé, d’être ridicule, d’avoir un trou… qui se manifeste.

C’est une impression qui, rassurez-vous, ne concerne pas uniquement les personnes inexpérimentées ou timides. Même un orateur chevronné ressent de l’appréhension avant une intervention à fort enjeu. C’est normal, et c’est même rassurant, car ce stress n’est en fait que l’expression de votre grande implication dans la prise de parole à venir. Plutôt positif, non ? N’empêche que, ce trac peut devenir un véritable handicap si vous n’arrivez pas à le contrôler et le réguler.

Voici donc 8 techniques concrètes, faciles à mettre en place, qui vont vous aider à performer à l’oral malgré le stress.

1. Préparez votre message avec soin

On tombe souvent dans le piège de commencer par la fin lorsqu’on prépare une intervention orale. On ouvre son Powerpoint ou son Canva (voir mon article Canva ou Powerpoint pour votre diaporama, comment choisir ?), et on construit des slides sans s’être posé les questions essentielles à la bonne transmission du message :

Quel est mon message principal ? Si votre public ne devait retenir qu’une idée, ce serait celle-là.

Que doivent comprendre les participants ? Identifiez les deux ou trois informations essentielles à la bonne compréhension de votre message.

Que doivent-ils faire ou penser ensuite ? Pour être convaincante, votre intervention doit avoir un objectif final bien défini.

Par exemple : « À la fin de cette présentation, je veux que l’équipe comprenne pourquoi nous devons changer notre méthode commerciale et qu’elle reparte avec trois actions concrètes à préparer pour dans 15 jours. »

Mon conseil : utilisez ces questions comme un fil conducteur sur lequel vous pourrez vous raccrocher ensuite pendant toute la durée de votre intervention.

2. Ne mémorisez pas votre présentation mot à mot

Apprendre un discours par cœur peut sembler rassurant. Mais c’est le meilleur moyen de se planter. En cherchant les mots exacts que nous avons écrit, on se met une pression complémentaire et on charge notre cerveau qui en perd l’essence même de notre message. Le trou peut alors apparaître et avec lui, un stress d’autant plus fort.

Mon conseil : listez avec seulement quelques mots les 2 ou 3 idées importantes que vous voulez développer. Et… c’est tout ! Cette liste vous servira uniquement à garder le fil de votre pensée. Pour le reste, c’est vous l’expert, faites-vous confiance, vous connaissez votre sujet.

C’est là que vous serez le plus naturel et le plus l’aise.

3. Répétez à haute voix

Je compare souvent la prise de parole à un sport. Et il n’y a pas de secret, comme toute activité physique, c’est entraînement qui vous fera progresser.

Mon conseil sera ici de vous entraîner oui, mais à haute voix ! Rien de tel pour vérifier que vos idées sortent de façon fluide et intelligible.

Encore mieux, faites-le dans des conditions proches de la réalité : debout, en vous chronométrant, et si possible devant une personne de confiance, qui vous fera un retour constructif.

L’entraînement et la préparation sont de précieux alliés pour mieux gérer le stress lié à la prise de parole.

4. Travaillez votre accroche

Je vous le disais, pas besoin de mémoriser chaque mot de votre intervention. En revanche, je vous conseille d’apprendre parfaitement le début de votre prise de parole, encore appelée l’accroche.

Pourquoi ? Parce que les premières secondes sont capitales pour capter l’attention de votre public et ancrer une image professionnelle, la fameuse « première bonne impression ».

Apprise par cœur, vous saurez exactement comment commencer. Votre attitude reflètera alors calme et sérénité pour vous lancer. Puis, une fois les premières secondes passées, vous pourrez vous appuyer sur votre structure et faire confiance à votre préparation.

5. Arrêtez de lutter contre chaque inconfort physique

Vous sentez monter le stress et vous vous dites il faut absolument que je me calme. Vos mains commencent à trembler et de nouveau vous tentez de vous contrôler. Mais pendant ce temps-là, vous n’êtes pas du tout concentré sur votre discours ! Alors comment voulez-vous être clair ?

Acceptez que ces petites imperfections font partie de vous en ce moment. Et oui, vous êtes humain !

Mon conseil : déplacez plutôt votre attention de vous vers votre public. Soyez à l’écoute de ses réactions, posez des questions pour interagir avec lui et vous transmettrez bien mieux votre message !

6. Respirez avant de commencer

Votre respiration accélère automatiquement lorsque vous êtes stressé. Avant de parler, prenez quelques secondes pour ralentir volontairement. Ne cherchez pas à réaliser un exercice compliqué. Faites simplement quelques respirations profondes (qui viennent du ventre), calmes et régulières.

La respiration est l’une des clés principales de la gestion du stress en prise de parole. Souvent sous-estimée tant elle paraît simple, ses bienfaits sont pourtant nombreux sur le trac. Alors essayez. Tester, c’est l’adopter !

7. Ralentissez volontairement votre rythme des premières minutes

Le stress pousse souvent à parler plus vite. Trop vite. On a envie de finir au plus vite ce moment inconfortable, alors on enchaîne les phrases, et progressivement, les mots s’emmêlent, on cherche son souffle, voir on bafouille.

Mon conseil : prenez le contrepied en vous forçant à volontairement débuter votre prise de parole avec un rythme plus lent que votre débit habituel. Faites des pauses. Respirez entre deux idées.

Une fois lancé, votre rythme redeviendra progressivement plus naturel, tout en restant calme et serein.

8. Préparez-vous à l’imprévu

Une partie du stress vient de la peur de ne pas savoir quoi faire si quelque chose ne se passe pas comme prévu. Voici quelques pistes pour vous préparer à différents scénarios non désirés :

Si je perds le fil : prenez le temps de respirer ou allez boire un peu d’eau tranquillement, et remémorez-vous la structure et les mots clés avec lesquels vous avez construit votre discours. Vous retrouverez naturellement le fil de votre argumentaire.

Si je ne connais pas la réponse : soyez honnête et proposez de revenir vers la personne avec plus d’informations après votre intervention. On préférera toujours la transparence plutôt qu’une réponse approximative ou contournée pour s’en sortir.

Si votre ordinateur ou votre support diaporama ne fonctionne plus : si vos slides sont bien conçues, elles ne doivent être que l’illustration de vos propos. L’important c’est votre message, ce que vous communiquez à l’oral à votre public, pas vos diapos. Continuez donc votre intervention sans diapos, en vous concentrant sur la structure et le message principal que vous souhaitez communiquer.


Dans tous les cas, souvenez-vous que ce n’est pas dramatique. Prenez la situation avec humour et distance, vous attirerez la sympathie de votre audience.

Et souvenez-vous d’une chose : plus vous avez envisagé les situations possibles et vous y préparez, moins elles vous sembleront insurmontables si elles surviennent réellement.



Pour aller plus loin : comment réduire durablement le stress de la prise de parole ?

  • Vous ressentez toujours de l’appréhension à chaque prise de parole, le plus efficace sera de vous mettre régulièrement et progressivement en situation de prise de parole pour vous entraîner. Pour ça, le regard et l’accompagnement d’un professionnel de la prise de parole peut vous aider à débloquer la situation et à progresser rapidement.

J’accompagne entrepreneurs et salariés depuis plusieurs années au travers de coachings individuels ou de formations de groupes. Vous souhaitez en discuter et trouver la meilleure solution de formation et de financement ? Parlons-en ensemble.


  • Vous êtes formateur, coach, conférencier, consultant, manager ou dirigeant, le stress n’est qu’une partie du sujet.

Pour captiver un public, il faut également savoir construire son message, gérer son rythme, utiliser les variations de sa voix, créer de l’interaction, travailler sa répartie et maintenir l’attention.

C’est particulièrement important lors d’une conférence, d’un séminaire, d’une plénière ou d’une présentation professionnelle.

Ce sont justement les sujets que je traite principalement dans mes accompagnements. Pour en savoir plus, découvrez mes formations et coachings à la prise de parole pour plus de sérénité, de naturel et d’impact à l’oral.





8 techniques pour gérer son stress avant une prise de parole en public